EGLISE  NOTRE-DAME  DE  L’ASSOMPTION

ROSENWILLER

 

 

PRESENTATION :

 

L’église de Rosenwiller est idéalement située sur un ressaut en venant de Rosheim, dans le village ancien blotti entre deux collines. Elle représente un ensemble gothique harmonieux. Sa flèche culmine à 42 m. L’église a été détruite à deux reprises, par les Armagnacs au XVe siècle, puis par les Suédois au XVIIe siècle, à l’exception de la tour et du chœur, miraculeusement préservés. Le bâtiment a pris sa forme actuelle au XIXe siècle.

 

 

VISITE :

 

Le portail d’entrée gothique avec ses deux fléchettes élancées et surmonté d’un fleuron paraît provenir du XVe siècle. Le tympan en est orné d’une statue de la Vierge à l’enfant au beau drapé. De part et d’autre sont disposées les statues de Ste Madeleine et de St Jean.

 

La nef avec ses collatéraux et cinq travées date de 1862. L’autel latéral gauche est dédié à Ste Catherine, celui de droite à St Sébastien et comporte une belle tête de St Jean. Sur la tribune, trône un orgue majestueux neuf réalisé par le facteur d’orgue Marc Garnier en 1998. Au fond de l’église se trouvent deux fenêtres datées 1617 et un bénitier gothique.

 

L’avant-chœur, ou tour-clocher, est la plus vieille partie (début du XIIIe siècle) et comporte une voûte romane (arc en plein cintre et clé de voûte ornée de têtes). Ses murs sont couverts de peintures murales datées du XVe siècle.

Côté gauche, en haut, représentation du jugement dernier. Assis sur un arc-en-ciel trône le Christ entouré d’une gloire de forme elliptique et montrant les stigmates de la crucifixion. De sa bouche sort une épée, "le glaive de l’Apocalypse". A droite et à gauche, des anges montrent les instruments de la Passion. Au-dessous d’eux sont représentés le soleil et la lune. Aux pieds du Seigneur, la Ste Vierge et St Jean sont agenouillés, priants. Plus bas, deux anges sonnant de la trompe, volent au-dessus de groupes formés, à gauche par les élus qui sont accueillis par St Pierre brandissant un glaive, à droite par les damnés, parmi lesquels un personnage mitré, qu’un démon dirige vers l’enfer représenté par un immense chaudron où sont entassées de nombreuses personnes.

Au milieu est représenté un convoi funèbre, vraisemblablement celui de la Ste Vierge. Le cercueil, couvert de tapisseries et porté par quatre personnages mitrés, est entouré d’anges.

En bas, le Christ est représenté au milieu des douze Apôtres, tenant dans sa main un pain d’autel.

Côté droit, en haut, représentation de St Michel, en "peseur d’âmes", tenant une balance dont un démon cherche à faire baisser l’un des plateaux chargé d’âmes.

En-dessous, à gauche, l’adoration des mages, à droite la fuite en Egypte. Entre les deux, une fenêtre ogivale, dont le médaillon de la pointe contient un vitrail du XIVe siècle d’une finesse remarquable représentant l’Annonciation : la Ste Vierge debout à droite écoutant le messager céleste.

Un peu plus bas, un St Sépulcre est aménagé dans le mur. Sa cavité, formée de pierres de taille en grès des Vosges, est fermée par une grille en fer forgé. Au-dessus, la peinture sur le fronton représente la résurrection du Christ. Au fond de la cavité, représentation du tombeau vide : les trois Maries portent des récipients contenant des baumes et sont accueillies par un ange. Ce St Sépulcre servait à conserver le St Sacrement pendant la semaine sainte.

Remarquez la finesse et l’élégance des 4 statuettes en bois sculpté représentant les 4 évangélistes (fin XVIe siècle).

 

Le chœur gothique avec ses sept ouvertures date du XIVe siècle. Celles entourant l’autel sont ornées de vitraux remarquables du début du XIVe siècle. Chacun d’eux représente dans 5 médaillons des scènes de la vie du Christ (dans l’ordre de gauche à droite et de bas en haut : annonciation, naissance, adoration des mages, présentation de Jésus au temple, baptême dans le Jourdain, résurrection, Jésus et Marie-Madeleine, Jésus et Thomas, ascension, Pentecôte). Remarquez la lune et le soleil dans ce qui reste du vitrail de la fenêtre centrale.

Le maître-autel, majestueux dans son écrin de voûtes d’ogives, se compose du tombeau d’autel dont la pierre est datée 1216, du retable du XVIIe siècle finement ciselé dans lequel prend place une statue de la Vierge à l’enfant du XVe siècle, et du couronnement avec tableau de l’Assomption du XIXe siècle. L’église de Rosenwiller a toujours été un lieu de pèlerinage à la Vierge. Jusqu’au XVIIe siècle, la confrérie des ménétriers y tenait ses réunions annuelles. Creusés dans la base des murs sont disposées des niches datant du XIVe siècle : lavabo, armoire eucharistique et armoire aux huiles saintes. Remarquez à gauche la porte surmontée des armoiries des familles d’Eguisheim-Dabo, seigneurs du château de Guirbaden.

au verso détails sur l’orgue à

L’ORGUE SAINTE MARIE

 

 

La réalisation de l’orgue est le fruit d’une collaboration étroite entre le facteur d’orgue Marc GARNIER et une équipe d’artisans à la retraite du village sous la conduite de l’organiste Hubert JOST. Bien entendu, au départ, il a fallu une volonté forte du Conseil de fabrique et de la Municipalité pour lancer ce projet, financièrement lourd pour une communauté de 700 habitants.

 

 

LE MOBILIER :

 

Toutes les boiseries ont été réalisées par des artisans retraités du village. Des bénévoles ont prêté main forte pour les travaux de finition (décapage, teinte, peinture). Le buffet est absolument remarquable par la noblesse des matériaux employés et par la qualité du travail dans ses moindres détails. Rappelons que toutes ces réalisations ont été faites bénévolement.

 

 

CHOIX DU TEMPERAMENT DE L’ORGUE SELON MARC GARNIER, FACTEUR D’ORGUE :

 

« L’acoustique, un peu particulière du fait des voûtes en bois de la nef de l’église est assez singulière mais bien colorée. La mise en son dans l’édifice a permis d’optimiser les timbres afin d’obtenir dans les différentes plages du clavier des progressions mélodiques et harmonieuses.

L’instrument est un peu particulier par le choix du concept global en vue de satisfaire l’utilisation pendant les cultes, de servir notre héritage culturel ainsi que l’enseignement musical. Dans ce concept, nous avons cherché à sauvegarder la particularité de la province alsacienne et sa connexion frontalière. Par de judicieuses combinaisons de registres, on pourra approcher les effets particuliers à la littérature française ou allemande. Cette originalité de l’orgue alsacien a déjà été cultivée à travers les siècles par de nombreux organiers et suivant les époques, les tendances furent françaises ou germaniques. Pour l’orgue de Rosenwiller, nous avons opté pour un tempérament germanique. »

 

 

L’orgue a été achevé et inauguré le 30 août 1998.

 

 

 

COMPOSITION :

3 buffets, 19 jeux, 5 accessoires

 

Clavier principal

7 jeux - 54 notes

Positif de dos

7 jeux - 54 notes

Pédale

5 jeux - 30 notes

Accessoires

 

Montre 8’

Flûte à cheminée 8’

Octave 4’

Quinte 3’

Octave 2’

Mixture 1’1/2

Trompette 8’

II/I (Tiroir)

Bourdon 8’

Prestant 4’

Flûte à cheminée 4’

Waldfloete 2’

Sesquialtera 2rgs

Larigot 1’1/2

Dulzian (anche) 8’

Soubasse 16’

Principal 8’

Principal 4’

Mixture 2’

Posaune 16’

II/P

 

Accouplement HW/RW à tiroir

Tirasse HW

Tremblant doux Zimbelstern

Vogelgesang

Tempérament baroque progressif

 

 

 

Sources :                J. Schahl : Chronik von Rosenwiller 1959 imprimerie Alsatia Sélestat

                               Bulletin de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Molsheim n° 3-1955

                               Images du Patrimoine : Canton de Rosheim - Le Verger éditeur Illkirch 1989

                               http:/decouverte.orgue.free.fr/orgues/rosenwil.htm

                               brochure de l’inauguration de l’orgue – 30 août 1998

 

 

Paroisse de Rosenwiller – août 2013